Durant son gouvernorat
(1981-82), le PDG 162 Bernard Rogiest avait lancé l’idée
d’une commission ‘citoyenneté responsable’.
Des initiatives avaient été prises dans divers clubs,
mais les réalisations concrètes s’étaient
avérées difficiles à mettre en œuvre.
Exception notable : le Rc Binche, dès 1985, s’est
engagé pleinement dans ce domaine sous l’impulsion
de Raymond Menier (PDG 1990-91). Les ‘Rencontres de Binche’,
créées en 1990, connaissent en effet un succès
sans cesse renouvelé.

Photo de groupe lors de la remise
des prix |
Cette année, le Rc Mariemont a lui aussi tenté le
pari de présenter aux jeunes de son entité une action ‘citoyenneté responsable’.
Public visé : les classes de 5ème secondaire. Trois
thèmes ont été abordés : les jeunes
et la violence en rue, en classe, etc. ; alcoolisme mondain et
assuétudes ; infos ou intox : vérification des informations
diffusées par les médias.
L’action s’est déroulée en trois temps.
D’octobre à janvier : débat en classe à partir
de divers supports. Les élèves, sous la conduite
du professeur, ont réfléchi sur l’un de ces
thèmes. Ensuite, les points de vue et conclusions dégagés
dans la classe ont été présentés le
31 janvier 2008 à l’hôtel de ville de Morlanwelz,
en présence de tous les élèves ayant participé à cette
opération. Cela a permis de découvrir comment d’autres
jeunes du même âge, venant d’horizons différents,
abordaient ces mêmes préoccupations. Quatre classes de jeunes de 16 à 18 ans, venant des différents
réseaux d’établissements secondaires d’enseignement
général, technique et professionnel, ont chacun à leur
manière défendu avec conviction leur analyse et leurs
approches personnelles de ces phénomènes de société.
Chaque groupe, par son interprétation, nous a interpellés.
Le message de ces jeunes nous a émus.
Des élèves de l’Institut Technique de Morlanwelz
ont évoqué les drames de la violence : violence dans
la rue et ses conséquences parfois extrêmes, violence
plus banale, plus sournoise (ex. : l’adolescent devenant
le souffre-douleur de ses condisciples), violence des ‘sans
non’ (ceux pour qui il n’y a pas d’interdit),
mais peut-être aussi des ‘sans nom’ (ceux qui
souffrent car il n’y a pas de place pour eux dans notre société).
En deux saynètes pleines d’humour, les élèves
de l’Athénée Provincial Warocqué de
Morlanwelz nous ont montré que, dans le futile comme pour
les événements d’importance, les informations
véhiculées par les médias sont contradictoires
et doivent être perçues avec esprit critique.
Pour l’Institut Provincial de Nursing du Centre, c’est
une classe complète qui est montée sur la scène.
Les élèves nous ont présenté les très
nombreuses facettes de la violence : brutalité quotidienne,
violence dans le couple, en rue, au travail, harcèlement
ou phénomène des gangs, etc. Comment pouvons-nous
réagir, à notre niveau ? Chaque élève,
après réflexion, a pris une résolution : selon
les circonstances, une parole, un geste, vaincre l’inertie,
c’est déjà un grand pas en avant.
Les classes de Mme Gailliez ont filmé des interviews de
personnes souffrant de dépendance, qu’il s’agisse
de dépendance au tabac, à l’alcool, aux drogues
ou au jeu. Mise en situation et analyse de la dépendance
ont été abordées. Une interpellation du public
fut aussi réalisée par la présentation du
test d’Orman, qui mesure l’influence aliénante
ou non de la pratique quotidienne d’internet.
La remise des prix a eu lieu 15 jours plus tard, toujours à l’hôtel
de ville de Morlanwelz. Elle a été précédée
d’une brillante conférence de Thierry Touchais, de
la Fondation Polaire Internationale, en relation avec les missions
scientifiques belges en Antarctique. Au cours de cet exposé,
les jeunes ont notamment appris que la Belgique est à nouveau
présente en Antarctique avec la base polaire Princess Elisabeth.
La station sera ouverte lors de l’été austral,
dans des conditions climatiques oscillant entre -5° et -50°C.
Il s’agit là d’un défi technologique
et écologique car ce sera la première station fonctionnant à 95% à l’énergie
durable (panneaux solaires, cellules photovoltaïques, éoliennes,
etc.).
José Noullet |