
Photo (de g. à d.) : Daniel
Van Der Plassche, président 2006-07, Sophie Gautier, directrice
de l’école Anne Misonne, Pierre Rossi et Gérard
Charles, membres de la commission Action d’intérêt
public. |
Depuis plus d’un an, le Rotary
club Bruxelles-Est programme des actions en faveur d’enfants
autistes et tente de sensibiliser le grand public à ce problème
bien souvent méconnu. Cela
s’est d’abord traduit par diverses actions ponctuelles.
Depuis peu, toutefois, le club s’est lancé dans un nouveau
projet de plus grande envergure…. L’une
de ces actions ponctuelles a été la distribution,
aux médecins généralistes et pédiatres
de la région bruxelloise, d’un feuillet d’information
sur le syndrome d’Asperger, une forme légère
d’autisme. Une autre a consisté à participer à l’équipement
d’une école pour enfants autistes (voir encadré).
Dans un avenir proche, le club entend également parrainer
certaines activités dans le cadre des ‘Special Olympics’ (compétitions
réservées aux athlètes handicapés mentaux).
Qu’est-ce que l’autisme ?
Une définition simplifiée pourrait être : ‘Un
trouble du développement qui se manifeste dès les
premières années de l’enfant.’ C’est
en tout cas une affection difficile à détecter. Les
signes sont divers et d’intensité variable d’une
personne à l’autre : l’enfant réagit
bizarrement aux autres ; il ne parle pas ou a un langage inhabituel
; il ne s’intéresse pas aux objets ou joue de manière étrange
; il réalise des activités répétitives
avec son corps. Aucun de ces signes pris individuellement n’est
suffisant pour le diagnostic de l’autisme. C’est leur
groupement qui est significatif. Ces troubles sont en majorité d’origine
neurologique et/ou génétique. L’autisme n’est
pas une maladie mentale comme on l’a longtemps cru, mais
une déficience, un handicap. À ce jour, il ne se
guérit toujours pas, mais son diagnostic précoce
peut aider l’entourage à s’adapter et à alimenter
son réseau de soutien social pour l’éducation
de l’enfant, dont le comportement peut poser quantité de
difficultés mais recèle aussi nombre de richesses.
L’autisme a été décrit pour la première
fois en 1943 par Léo Kanner. Le syndrome d’Asperger
porte le nom de celui qui l’a décrit en 1944. Une
controverse existe dans la littérature contemporaine, ces
termes étant tantôt distingués, tantôt
réunis sous l’expression ‘troubles du spectre
autistique’. Dans sa ‘Proposition de résolution
relative à l’autisme’, la Communauté Française
adhère à cette conception large de l’autisme
et s’aligne sur une estimation de la prévalence établie à 25/10.000
personnes. Les diagnostics se posent sur la base d’un examen
multidisciplinaire au cours duquel il est constaté une altération
dans le développement de l’interaction sociale, de
la communication et du comportement, qui apparaît restreint,
répétitif et stéréotypé. Les études
les plus récentes en génétique tendent à montrer
une influence de ce facteur dans l’apparition de l’autisme
: trois garçons seraient concernés pour une fille.
Si le diagnostic de l’autisme chez un enfant provoque une
augmentation du stress dans la famille, on remarque aussi que l’intervention
de différents professionnels spécialisés est
décrite comme efficace aux yeux de nombreuses familles,
et qu’elle les encourage dans leur quotidien quand elle s’articule
sur un projet construit en commun. Au-delà des proches,
les professionnels (qu’ils soient spécialisés
ou non) ainsi que les associations sont des ressources mobilisables
par les familles pour mener à bien leur mission d’éducation
de l’enfant.
L’importance de sensibiliser
S’il n’existe pas de solution chimique à l’autisme,
il est possible de travailler sur la qualité de vie de la
famille et sur celle des professionnels. Maintenir un réseau
de relations sociales est nécessaire pour éviter
un repli sur soi. Une des difficultés majeures relayées
est l’incompréhension de l’entourage qui, attaché à ses
propres repères, peut donner le sentiment d’être
indifférent aux difficultés. Mais il y a parfois
aussi l’image que l’on se construit de soi-même
et la peur d’affronter le regard d’autrui. C’est
donc par la sensibilisation de tous à l’importance à accorder à la
diversité que peut s’établir un fond d’évidence
commun. Informer, c’est participer à ouvrir le dialogue
entre les personnes. Voilà ce qu’ambitionne le Rc
Bruxelles-Est au travers de son action.
Les autistes ont, comme tout un chacun, des capacités de
développement plus ou moins importantes, et celles-ci peuvent
s’exprimer dans les matières les plus diverses. Il
faut donc détecter suffisamment tôt le domaine qui
intéresse l’enfant, sous peine de passer à côté de
sa richesse, de son talent. D’où l’idée
de mettre à la disposition du plus grand nombre (médecins,
enseignants, parents…) une base de données en ligne
où ils pourront (re)trouver des outils permettant de mieux
exploiter les capacités de l’enfant. Cette base de
données, véritable réseau d’information,
proposera également toute une série de liens locaux
(associations de parents, clubs de sport [par exemple d’équitation
ou de judo], enseignement musical, etc.) visant à enrichir
au mieux le parcours de l’enfant. Ce réseau neutre
et indépendant se veut complémentaire d’un
projet existant (voir site www.participate-autism.be, actuellement
en construction).
Gérard Charles et Maryline Vincent
Toute personne désireuse de participer à ce
projet et de ‘nourrir’ le réseau, qu’elle
soit active dans le domaine du sport, de la musique ou dans tout
autre secteur culturel ou de développement de la personnalité,
est invitée à prendre contact avec Maryline Vincent
(tél. 0473 61 43 16)
|