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De fantastiques progrès en cardiologie

Malgré toutes ces avancées, la meilleure option reste de manger sain, de ne pas fumer et de faire de l'exercice
Malgré toutes ces avancées, la meilleure option reste de manger sain, de ne pas fumer et de faire de l’exercice

Nouvelles molécules anticholestérol, pacemakers inusables, minirobot qui intervient sans opérer… Nous continuons notre tour d’horizon des progrès médicaux, nous intéressant ce mois-ci aux spectaculaires avancées en matière de thérapie cardiaque.

Première cause de mortalité dans les pays industrialisés, les maladies cardiovasculaires tuent 160.000 personnes chaque année en France. Pourtant, depuis la première greffe de cœur, réalisée en 1967 par le Sud-Africain Christiaan Barnard, les thérapies cardiaques ont fait des progrès gigantesques. Médicaments anticholestérol, prothèses en titane, angioplasties… L’arsenal à la disposition des cardiologues ne cesse de grandir. On implante même dans le corps des défibrillateurs capables de détecter un arrêt du cœur puis d’envoyer une décharge électrique pour le remettre en route. Ces appareils transmettent même directement le rapport de l’accident au médecin par SMS, e-mail ou fax. Et ce n’est pas fini. Les progrès annoncés dans le domaine des thérapies cellulaires et de la robotique pourraient révolutionner la façon dont on traite les maladies cardiovasculaires.

 

Des cœurs en éprouvette

C’est une première mondiale. En avril dernier, une équipe britannique a réussi à créer une valve cardiaque à partir de cellules souches prélevées dans de la moelle osseuse. Jusqu’ici, cette technique n’avait permis de fabriquer que des tissus relativement basiques, comme du cartilage, des tendons ou des vessies. Rien à voir avec les valves : très élastiques, ces structures séparent les différentes cavités du cœur et empêchent le sang de refluer dans le mauvais sens (c’est à elles qu’on doit les battements). Cette réussite marque donc la première étape vers la création en laboratoire d’un cœur ‘naturel’, capable de remplacer les prothèses artificielles. Mais s’il voit le jour, ce ne devrait pas être avant une dizaine d’années, car le cœur est l’un des organes les plus complexes. Les premiers tests de transplantation de valves ‘naturelles’ sur les animaux ne démarreront d’ailleurs pas avant 2010, au mieux.

 

Des prothèses de l’aorte truffées d’électronique

L’anévrisme de l’aorte, c’est-à-dire la fragilisation des parois de cette artère qui distribue le sang vers l’ensemble du corps, s’opère désormais sans difficulté par la pose d’une prothèse destinée à solidifier le vaisseau. Mais il faut absolument contrôler l’étanchéité du dispositif trois ou quatre fois par an. Coûteux et dangereux, car il faut passer à chaque fois les patients au scanner. La solution ? D’ici cinq ans, les prothèses seront équipées de capteurs électroniques pour contrôler en permanence la pression du sang. Ces puces de 1 millimètre de diamètre seront dotées d’une microantenne qui enverra un signal radio au téléphone portable du patient en cas d’alerte. Le procédé est actuellement à l’essai sur des lapins de laboratoire.

 

Un minirobot pour surveiller le cœur

Il s’appelle HeartLander. Conçu par des chercheurs de l’université de Pittsburgh (États-Unis), ce minuscule robot de 2 centimètres permettra un jour d’opérer les insuffisances cardiaques sans ouvrir la cage thoracique du patient. Introduit sous la peau au niveau du sternum, HeartLander sera en effet capable de ‘ramper’ tout seul à la surface du cœur, à la vitesse de 18 centimètres par minute. Comme une chenille. Il pourra ainsi installer une sonde, injecter des médicaments, voire observer le fonctionnement de l’organe si on l’équipe d’une microcaméra. Testé pour l’instant sur un cochon (qui s’en est sorti vivant), ce prototype ne devrait néanmoins pas être disponible avant plusieurs années.

 

De nouveaux médicaments contre le cholestérol

Il devait être le nouveau champion des anticholestérols. Développé par l’américain Pfizer, qui a investi 1 milliard US$ dans sa mise au point, le Torcetrapib a été brusquement abandonné en décembre 2006, quelques mois seulement avant sa mise sur le marché : il avait provoqué le décès de 82 patients sur les 15.000 retenus pour les études cliniques. Qu’à cela ne tienne, d’autres labos ont pris le relais, notamment le suisse Roche, l’américain Merck ou encore l’allemand Bayer.
Jusqu’ici, les anticholestérols se contentaient de diminuer le taux de LDL, appelé aussi mauvais cholestérol, réduisant ainsi de près d’un tiers le risque d’accident cardiovasculaire. Or, les nouvelles molécules en développement augmentent en plus le taux de HDL, c’est-à-dire le bon cholestérol.
Le marché est gigantesque. Rien qu’en France, 5 millions de personnes souffrent d’un excès de cholestérol. De quoi assurer d’énormes revenus au labo qui sortira le premier ces pilules miracle. Le Lipitor, l’anticholestérol actuellement le plus vendu, a apporté l’an dernier à Pfizer un chiffre d’affaires de 13 milliards US$...

 

Les pacemakers se rechargeront tout seuls

Les batteries des stimulateurs cardiaques ont une durée de vie limitée : tous les sept à dix ans, il faut les changer en opérant le patient, avec tous les risques que cela comporte. Sans parler du coût : jusqu’à 15.000 EUR l’opération. Un consortium anglo-canadien a donc mis au point un pacemaker qui se recharge tout seul. Le principe : des microgénérateurs placés dans l’appareil utilisent les mouvements du corps pour produire de l’énergie. Une activité humaine normale permet de générer au moins dix fois plus d’électricité que ne l’exige le fonctionnement du pacemaker. Encore à l’état de prototype, cet appareil ne devrait pas être mis sur le marché avant deux ou trois ans.

 

Le gène de l’infarctus découvert

L’université d’Ottawa (Canada) a annoncé en mai dernier une découverte de taille : un gène accroît, chez les individus qui en sont dotés, de 30 à 40% les risques de subir une maladie coronarienne. Après avoir analysé les échantillons de sang de 23.000 personnes, les scientifiques canadiens ont en effet découvert que les malades du cœur présentaient une mutation du chromosome 9. Certes, ce défaut est naturellement présent chez un quart de la population générale, mais il l’est chez plus du tiers des personnes souffrant de maladies cardiovasculaires. Un écart suffisamment important pour être jugé significatif par les scientifiques. L’intérêt est évidemment préventif : en repérant les personnes présentant un risque élevé d’infarctus, on pourra mieux organiser leur suivi médical et leur proposer un traitement adéquat.

 

En cas d’infarctus, votre téléphone guidera le Samu

Lors d’un accident cardiaque, la vitesse d’intervention des secours est décisive : à chaque minute qui passe, les chances de survie diminuent de 10% en cas de fibrillation du cœur. Gameo, une start-up suisse, vient de lancer un système permettant de localiser les personnes qui font un malaise et de leur envoyer de l’aide. Il suffit d’appuyer durant trois secondes sur la touche étoile de son portable pour être mis en relation avec un médecin de la société, qui prévient le Samu ou les pompiers et guide les secouristes jusqu’au malade, grâce à un petit capteur GPS accroché à votre ceinture. Élaboré en partenariat avec Nokia, ce système n’est pour l’instant disponible qu’en Suisse, mais devrait rapidement se développer dans d’autres pays d’Europe.

Source : Capital
Juillet 2007

   
   
 
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