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Bernard Rosen : ‘Servir au Board, ce n’est que du bonheur’


Les membres du conseil Central
pour 2007-2008
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Depuis le 1er juillet 2007, le PDG 2170 Bernard Rosen siège au Conseil central (Board of Directors) pour un mandat de deux ans. En tant que RID (Rotary International Director), il représente la zone 13, qui regroupe la Belgique, le Luxembourg, les Pays-Bas et la Suisse. Nous avons rencontré Bernard le 3 décembre dernier…

 

Pour les Rotariens un peu ‘distraits’, pourriez-vous nous rappeler ce qu’est le Conseil central et en quoi consiste votre fonction ?

Le Rotary possède trois niveaux administratifs : le club, le district et le RI. C’est une démocratie représentative dont le Conseil de Législation est le pouvoir législatif. Le Conseil central, lui, en est l’organe exécutif. Ce Conseil est composé de 19 membres : le président du RI, le président élu et 17 membres élus pour deux ans et représentant chacun une zone. Le RI comptant 34 zones (sept en Asie, trois en Amérique Latine, deux en Australie, une au Canada, sept en Europe continentale, douze aux États-Unis et deux en Grande-Bretagne), chaque zone est donc représentée une fois sur deux en alternance.
Bien que désignés par les clubs d’une zone déterminée, les membres du Conseil sont élus par tous les clubs lors de la convention du RI et ils représentent l’ensemble des clubs dans l’administration du Rotary.
Le Conseil central dirige le RI avec pour missions la réalisation de son but, la préservation de ses idéaux, de sa déontologie et le soutien de ses activités d’expansion de par le monde. L’application de sa politique d’action est évaluée par le secrétaire général. Le Conseil central dirige et contrôle les affaires courantes et les finances du RI. Il supervise l’action de ses dirigeants et de ses commissions et, de manière générale, celle des clubs. En outre, il nomme les 15 administrateurs de la Fondation Rotary. Ses décisions peuvent faire l’objet d’un recours devant la convention.
Enfin, le Conseil central examine les requêtes émanant notamment des clubs, des conférences de district, des ‘Institutes’ organisés par les zones, du Conseil de Législation, des administrateurs (‘trustees’) de la Fondation Rotary, etc.

 

Sur le plan pratique, comment s’organisent vos semaines ?

Au cours de 2007, j’ai effectué des missions pour le Rotary dans six pays, dans quatre États américains et dans douze villes différentes, tout en restant actif du point de vue professionnel. Avec un tel agenda, les structures traditionnelles du temps disparaissent et votre semaine ne se décline plus en jours et en lieux mais en tâches à accomplir quels que soit l’heure et l’endroit où vous vous trouvez.
Lorsque je suis à Chicago pour une session du Board, je travaille pour mon entreprise de 4 à 8 heures du matin, ensuite je siège au Board de 8 heures et demi à 17 heures pratiquement sans interruption, et je suis au lit à 21 heures. Ce régime a l’avantage de diminuer l’effet du décalage horaire au retour.
Le reste du temps, les moyens de communication actuels permettent de ‘déstructurer’ mon agenda. Ainsi, j’ai préparé une réunion du Conseil central à Bruxelles à 2 heures du matin (heure de Chicago), j’ai écrit un discours pour une conférence à Istanbul au cours d’un voyage d’affaires à New York, et j’ai travaillé un dossier professionnel à Salt Lake City au soleil couchant, sur la terrasse de l’hôtel, avec une température de 25° alors qu’il faisait nuit en Belgique. Évidemment, ‘week-end’, ‘jour de congé’ et ‘vacances’ sont des notions qui n’ont plus de sens.

 

Vous êtes arrivé à mi-parcours de votre première année. Un bilan provisoire ?

Au terme de mon année de présidence au club, je me suis réjoui d’avoir vécu une expérience unique qui a fait s’écrouler toutes mes certitudes à propos de mes faiblesses (que je croyais très rares) et de mes qualités (que je croyais très nombreuses). Je me suis aperçu que seul, on ne peut rien, alors qu’ensemble, on peut tout.
Au terme de mon année de gouverneur de district, je me suis réjoui d’avoir vécu une expérience unique qui a fait s’écrouler toutes les certitudes que j’avais à propos du caractère exceptionnel de mon engagement rotarien. Je me suis aperçu qu’un Belge sur mille est Rotarien et qu’il y a autant de manières d’être Rotarien qu’il y a de clubs.
Aujourd’hui, je m’aperçois que le Rotary est le plus grand territoire du monde où personne n’est un étranger ; c’est une ‘maison de l’amitié’ qui, contrairement aux autres édifices, s’érige en abattant des murs, ceux de l’égoïsme, des certitudes et de l’indifférence.
Nous sommes 19 au Board, provenant de 14 pays différents et de quatre États américains différents. Nous sommes tous des Rotariens comme les autres ayant accepté une mission temporaire. Tous, nous négligeons avec force et vigueur ce qui nous sépare et chérissons ce qui nous rassemble pour bâtir le Rotary de demain. Nous agissons aujourd’hui afin de donner aux Rotariens les moyens de leurs actions.
Mon bilan provisoire ? Une grande leçon d’humilité. Au Rotary, le dirigeant est celui qui est au service des autres et non le contraire.

 

Avez-vous eu des surprises agréables ? Des déceptions ?

Une surprise agréable : la manière dont les Belges sont perçus dans le monde. Nous sommes reconnus comme courageux, inventifs et tolérants. Tous sont admiratifs devant notre capacité à innover, devant l’héritage historique et culturel européen. On nous envie notre environnement multiculturel. Mais ce qui fascine surtout, c’est notre faculté de parler plusieurs langues. Une des premières questions que l’on me pose est : ‘Combien de langues parles-tu ?’ La deuxième est : ‘Flamand ou Wallon ?’ En voyant mon badge, un Japonais était très fier de me dire bonjour en néerlandais, un Allemand ne pouvait pas imaginer que je ne parle pas sa langue… Plusieurs membres du Conseil central ne peuvent commencer une réunion autrement qu’en m’accueillant par un ‘Bonjiôôur, cauwment ce va ?’
Une autre surprise agréable : le Rotary International est une affaire de famille. Mon épouse Régine a son rôle également et elle a reçu une formation adéquate en parallèle avec la mienne. On fait régulièrement appel à elle pour former les partenaires au GETS, ou pour participer aux ateliers de discussion, par exemple. Lors des sessions du Board, les partenaires ont leurs activités propres sous la conduite de l’épouse du président. Elles organisent également la vie sociale des membres du Board en dehors des réunions. Dans mon cas, mon épouse est également ma ‘secrétaire très particulière’, comme elle aime à se définir. Car, comme elle dit : ‘Tout ce que je peux faire pour lui, c’est du temps gagné pour notre vie privée.’
Une déception ? Vraiment aucune pour l’instant. Servir au Board, ce n’est que du bonheur.

 

Comment s’est passé l’Institute de Sorrento ? Racontez-nous cette expérience…

En tant que co-convener, je me dois de respecter un devoir de réserve et je ne suis probablement pas le rapporteur le plus objectif que vous puissiez trouver. Je me contenterai donc de vous faire partager le souvenir que j’en rapporte.
Déjà, le site choisi était un atout : quand vous vous éveillez le matin avec le soleil et une vue imprenable sur le Vésuve, la journée s’annonce bien !
Des orateurs de premier plan ont lancé les débats sur les thèmes chers au président du RI : la perception du Rotary par le monde contemporain et les questions liées à l’effectif ; la motivation des Rotariens, l’engagement des anciens dirigeants et la communication ; la responsabilité du Rotary dans le monde ; la Fondation Rotary, cette inconnue. Tous ces sujets ont donné lieu à des débats forts intéressants dans les ateliers de discussion multilingues.
La soirée de gala a débuté par le discours du président Wilf Wilkinson et s’est poursuivie par un spectacle de chants et danses napolitains absolument fabuleux. Je suis toujours émerveillé par l’enthousiasme avec lequel les Rotariens veulent partager leur amour de leur région alors qu’ils consacrent tant d’énergie à être des citoyens du monde.
Comme chaque Institute, celui de Sorrente fut le reflet de la mentalité locale des Rotariens qui l’organisent. À la clôture finale, le président Wilf a reçu le drapeau italien en souvenir et j’ai reçu celui du Rotary. Il sera redéployé à l’inauguration de l’Institute de Bruxelles, en septembre 2008. C’est une innovation du convener Raffaele Pallotta, et je vais proposer de perpétuer ce rituel sympathique.

D.C.

   
   
 
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