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Bientôt un vaccin contre les caries

Aux États-Unis, les dépenses en soins dentaires ne cessent d'augmenter
Aux États-Unis, les dépenses en soins dentaires ne cessent d’augmenter
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La fibre patriotique, aux États-Unis, ça marche toujours. Même quand il s’agit de soutenir la recherche dentaire.
Ainsi, certains spécialistes n’hésitent pasà citer ces chiffres du Pentagone : 20% des réservistes de l’armée américaine ne peuvent pas être envoyés en Irak car ils y risqueraient une rage de dents pour cause de caries mal soignées…

Longtemps négligée par les laboratoires, la recherche dans ce domaine est en plein boom. Outre-atlantique, mais aussi en Grande-Bretagne et en Chine, les scientifiques comptent sur les techniques de pointe (imagerie 3D, thérapie cellulaire…) pour capter un marché gigantesque : rien qu’aux États-Unis, plus de 70 milliards US$ ont été dépensés en 2006 dans les traitements pour les dents, et ce chiffre augmente de 10% par an.

Longtemps annoncé mais toujours retardé, le vaccin anticaries pourrait bientôt débarquer. Des chercheurs de Boston ont en effet mis au point un produit capable de neutraliser la bactérie Streptococcus mutans, responsable de 95% des caries. Délicat, car il n’est pas question de chercher à éliminer la bestiole : cela exigerait des cures répétées d’antibiotiques et tuerait les centaines d’autres organismes vivants qui prolifèrent dans la bouche, souvent avec un rôle bénéfique pour la santé. Les scientifiques ont donc ciblé l’enzyme permettant à Streptococcus mutans de s’accrocher à l’émail. Sans elle, la bactérie glisse sur la dent et est éliminée par la salive. Simple mais efficace. Prévu pour 2010, ce vaccin sera administré une bonne fois pour toutes aux très jeunes enfants, avant leurs premières dents de lait (et donc avant l’apparition de la bactérie). Et les adultes ? Ils devront se contenter d’un autre médicament, agissant à peu près sur le même principe, mais qu’il faudra pulvériser une à deux fois par an dans la bouche. Actuellement en phase de tests cliniques, ce sérum est issu de plants de tabac génétiquement modifiés ! Pas très politiquement correct…

 

De nouvelles dents grâce aux cellules souches

Perdre une dent, cela peut arriver à tout le monde. Rien qu’aux États-Unis, il manque une molaire ou une canine à plus de 100 millions de personnes. Pour les remplacer, les dentistes n’avaient jusqu’ici d’autre choix que de poser une prothèse, en métal ou en céramique. Pas très esthétique et souvent traumatisant pour la mâchoire, les implants n’ayant pas la même souplesse que les vraies dents, qui sont reliées à l’os par un ligament. Pour y remédier, une équipe de chercheurs londoniens s’est mis en tête de remplacer les prothèses par… des dents naturelles. Comment ? En prélevant des cellules souches dans la moelle épinière du patient, puis, après un traitement extrêmement complexe en laboratoire, en les réinjectant dans la bouche à l’endroit désiré. Au bout de deux mois, une nouvelle dent apparaît.

Pour l’instant, les tests menés sur des rats n’ont permis de reconstituer que la partie intérieure de la dent. La ‘culture’ de la partie extérieure, et notamment de la couche d’émail protectrice, est beaucoup plus difficile. Mais les scientifiques comptent bien mettre cette technique sur le marché d’ici une dizaine d’années.

 

Prothèses réalisées par ordinateur

Couronnes mal ajustées, bridges trop larges ?
Un laboratoire américain lancera en 2008 un système capable de fabriquer des prothèses parfaites. Le principe : le dentiste introduit dans la bouche du patient un miniscanner qui réalise une photographie en 3D. Les données sont ensuite envoyées par internet à un centre d’usinage où des machines assistées par ordinateur tournent 24 heures sur 24. On évite ainsi les erreurs liées à la prise d’empreintes, qui ne reproduit pas toujours fidèlement la position des dents. Mais à quel prix : à elle seule, la machine à usiner coûte entre 200.000 et 250.000 EUR.

Source : Capital - Juillet 2007

   
   
 
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