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Des pénis cultivés en laboratoire ?

Mieux que le viagra, le venin de la veuve noire

Souvent mortelles, les piqûres de certaines araignées – veuve noire, atrax et phoneutria – provoquent aussi le priapisme (érection prolongée).
En étudiant leur venin, un professeur israélien a compris comment : alors que les remèdes existants dilatent les artères pour faciliter l’afflux de sang dans le pénis, le poison, lui, agit directement et plus efficacement sur le système nerveux qui régit ce processus. Une fois gommés les effets nocifs, un médicament verra le jour, sans doute fin 2009.

En moins de dix ans, les érections difficiles sont devenues une sacrée bonne affaire. C’est que 150 millions d’hommes dans le monde souffriraient de dysfonctionnements érectiles, selon les trois labos qui se partagent le marché : Pfizer (Viagra, 1,7 milliard US$ de chiffre d’affaires en 2006), Eli Lilly (Cialis) et Bayer (Levitra). Pour exploiter le filon, la course mondiale à une substance encore plus efficace est lancée : la recherche israélienne sur les propriétés du venin d’araignée (voir encadré) est concurrencée par des équipes américaines et chiliennes.

 

Utérus artificiel

Chaque année, en France, près de 50.000 bébés naissent avant terme, nécessitant souvent des soins intensifs. Pour simplifier ces grossesses à risque, les chercheurs travaillent à la mise au point d’un utérus artificiel, une sorte de supercouveuse qui permettrait le développement d’un embryon hors du corps de la mère, depuis la fécondation jusqu’à la venue au monde. Mais tous les scientifiques mobilisés sur ce dossier le reconnaissent : rien d’opérationnel avant 20, voire 50 ans. Car l’utérus est une machine biologique extrêmement complexe, qui plus est en perpétuelle évolution : il abrite une personne qui bouge, parle, ressent des émotions… et dont l’environnement hormonal s’adapte à chaque étape de la grossesse. Des expériences ont été récemment menées sur des embryons de chèvre et de souris, mais aussi sur un embryon humain issu d’une fécondation in vitro… sans succès. Voilà pourquoi les premiers prototypes seront, à moyen terme, réservés aux très grands prématurés ayant déjà entamé leur développement.

 

Greffons de pénis

Alors que la chirurgie esthétique du pénis reste désespérément balbutiante, toute la communauté scientifique a les yeux rivés sur les travaux conduits par l’équipe du professeur Anthony Atala (USA). Pionnier de la médecine dite ‘régénérative’, permettant de faire pousser des tissus et des organesà partir des cellules souches du patient, cet urologue a déjà conduit avec succès des essais sur la vessie, les parois du coeur et les vaisseaux sanguins. Dès 2002, il a également réussi à greffer sur le sexe de lapins du tissu érectile cultivé in vitro après prélèvement de cellules. Mais cet organe étant considéré comme un des plus complexes de l’organisme, une bonne dizaine d’années seraient encore nécessaires pour pouvoir procéder à des greffes complètes de pénis cultivés en laboratoire sur des êtres humains. La principale difficulté demeurant la connexion des nerfs de ces tissus au système nerveux central.

 

Pilule contraceptive pour hommes

Un contraceptif masculin chimique qui bloquerait momentanément la fertilité des spermatozoïdes : c’est la piste de recherche suivie par l’équipe du biologiste David Clapham (USA) et surveillée de près par tous les grands labos. Dès 2001, ces chercheurs ont observé chez des rats génétiquement modifiés que l’absence d’une protéine baptisée CatSper, normalement présente dans les testicules, les rendait infertiles. Ils travaillent depuis à la mise au point d’une pilule unisexe qui bloquerait cette protéine avant que le spermatozoïde ne rentre en contact avec l’ovule et ne le fertilise.

 

Plus besoin de latex !

De moeurs légères, les rats ont une vie sexuelle intense. Pourtant, ils sont rarement victimes de maladies sexuellement transmissibles. Intrigués par ce paradoxe, des chercheurs chinois ont identifié chez ce rongeur un gène produisant une protéine dans l’épididyme, le long des testicules, et ayant des propriétés antimicrobiennes très puissantes. Reste à valider la présence de ce composé au même endroit chez l’homme età trouver la molécule capable d’en activer la production.
Alors, plus besoin de latex, les préservatifs chimiques feront tout le boulot !

   
   
 
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